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14/03/2012

AF 447. Pièces à conviction n°88 : l’analyse

PIECESACONVICTION_preview.jpgC'est un montage vidéo grossier et non fidèle qui n'apporte aucune information nouvelle : les sons ne sont pas tous reproduits, les affichages sont escamotés sauf un PFD en loi normale qui fait dérouler les vitesses et des manœuvres nerveuses et désordonnées de sticks... Il est évident que les pseudos enquêteurs de FR3 n'ont pas utilisé l’enregistreur FDR car cette « reconstitution » des 4 dernières minutes du vol est d'un genre Hollywood bas de gamme avec des acteurs qui jouent plutôt le rôle d'idiots hébétés que celui de pilotes.

 

FR3 a manifestement menti sur la qualité du reportage et Amédéo a très bien vendu sa marchandise. Il n'y a aucun aspect technique et l'aspect opérationnel porte uniquement sur le décrochage (sujet : ils ont tiré sur le manche en permanence)

 

Les interviews du reportage : de grands moments d'hypocrisie (Rosay et Otelli se "taillent" la part belle du temps de paroles) :

 

Jacques Rosay Airbus, sûr de lui, triomphant voire arrogant : « les Pitot, c'est très simple, il y en aura toujours, il n'y a pas d'autre technologie et la procédure correspondante est très simple : on ne fait rien et on attend "que ça passe"... » L'avion était-il récupérable ? « je ne sais pas, personne n'a mis un Airbus dans une telle situation... »

 

Otelli fait une démonstration de décrochage avec un ... monomoteur de voltige : vol en croisère - je tire le manche - l'assiette augmente - les vibrations annonciatrices - l'avion décroche avec abattée - je pousse sur le manche - l'assiette est rétablie en 2 coups de cuillère à pot. Conclusion : qu'est-ce qu'il a été c--- ce pilote avec ses réflexes de débutant stressé... Le tout à la "top gun" en Rayban avec un Amédéo bouche bée.... Du 7ème art de comptoir !...

 

Interview AF : plutôt gêné et sans conviction. On ne comprend pas...Des témoignages volés en caméra cachée (belle mentalité…) ou audio enregistrés à l'insu de Gourgeon notamment. Amédéo s’attache à bien faire apparaître par ailleurs le côté défenseur systématique et inconditionnel des pilotes de celui d’entre eux qui prend courageusement leur défense, accentué par le déséquilibre des témoignages.

 

Interview de Schramm, cadre d’AF : gêné et peu convaincant. Il ne comprend pas... Les pilotes étaient formés... même au décrochage !....

 

Le problème de la non élimination des sondes Pitot défectueuses avant l’accident est abordé mais très superficiellement et sans mise en évidence des négligences. A noter le témoignage misérable d'un représentant de l'EASA, visiblement très mal à l'aise devant la caméra...

 

Voilà en quelques lignes l'essentiel d'un reportage à charge, sans nuance et très incomplet quand on se targue de donner les raisons de cet accident.

 

Prévoir des cachets contre la migraine si vous décidez de regarder ce truc… (dans le cas où la justice donnerait l’autorisation de diffusion)

 

Note :

 

Personne - à part peut-être dans le bureau d'études d'EADS - ne peut affirmer quelles étaient les informations disponibles sur les écrans des pilotes.

12:50 Écrit par HMC | Commentaires (2)

Commentaires

D'une certaine manière, on peut concevoir que des journalistes utilisent des documents confidentiels dans le cadre de leur propre enquête sur un évènement. C'est d'ailleurs ainsi que des scandales sont mis au grand jour. Cela fait partie des éléments utilisés par les journaliste, ces derniers pouvant (devant ?) constituer une sorte de "contre-pouvoir".

Bien entendu, on peut légitimement contester l'usage qui est fait de tels documents, notamment lorsque celui-ci ne sert qu'à un travestir la réalité à des fins peu reluisantes (faire de l'audimat, manipuler l'opinion etc ...)

On peut trouver détestable que le CVR et le FDR de l'AF 447 aient été utilisés par des journalistes. Surtout pour en faire ça. On aurait pu espérer, au contraire, que le résultat fut un reportage objectif, mettant en exergue les éléments soigneusement ignorés par le BEA.

Soit. Mais c'est bien à l'autorité de se saisir de ce problème (au hasard, BEA, DGAC etc ...) !

Comment, dans un état de droit, peut-on imaginer que les autorités concernées ne tentent aucune action pour limiter, interdire, la diffusion du contenu de ces documents ? C'est bien à elle de le faire ; pas aux journalistes eux-même. Par définition.

Ah oui, forcément, lorsque les journalistes en questions participent eux-même à l'effort de désinformation du BEA en colportant les même raisonnements fallacieux, ça change tout ! On peut les laisser faire voire même les remercier !

A, c'est beau un état de droit, tout de même.

Ecoeurant !

Écrit par : Fabien T | 14/03/2012

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