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06/09/2017

Dernier vol

Suite à l’incident du 08 mai 2002 (consécutif au « bird strike » du 03 avec pompage d’un réacteur non signalé sur le TLB mais reporté par ASR), j’ai saisi le Conseil des Prud’hommes le 20 juin suivant pour demander la résiliation de mon contrat de travail aux torts de la Cie Air Lib. Il s’agissait pour moi de mettre un terme aux conflits sans issues qui m’opposaient à certains individus depuis trop longtemps. La convocation devant le bureau de conciliation était prévue le 20 septembre. J’ai reçu la lettre de licenciement le même jour… après 70 jours de procédure avec mise à pied à titre conservatoire sans solde. Le 06 septembre, la DRH PNT C.R. me téléphone à mon domicile pour prendre contact. Baratin, rebaratin et rerebaratin pendant une ½ heure. A ma question « Vous savez que je n’ai pas commis de faute, persistez-vous à vouloir me licencier ? » Réponse de CR : « oui, mais il y aura une transaction derrière, il faut que cette transaction soit acceptée par les 2 parties avant le 20 (jour de la conciliation, ndr) ». Je pensais « elle plaisante, ils n’oseront jamais ». 2 jours avant le rendez-vous devant le Conseil à Salon de Provence, retéléphone pour me lire la lettre de licenciement qu’elle va m’envoyer pour savoir « si ça me convient » et pour relancer la transaction : maintien du licenciement pour faute grave et versement d’une indemnité contre le retrait de ma plainte pour mise en danger de la vie d’autrui. Inlassablement, car ça va durer 1 mois et demi, je répondais : « envoyez-moi un document écrit » Ils ne sont jamais tombés dans le piège… La conciliation du 20 n’a rien donné, devant le Conseil et au bistrot du coin où ils sont venus nous rejoindre. « Ils » = Le DOV F. avec 10kg de documents sous le bras (après mon licenciement, il fera une qualif Airbus A340 et prendra ma place dans le secteur), la DRH PNT C.R. et un avocat. Bref, ils ont repris l’avion pour ORY avec une convocation pour l’audience de jugement prévue le 13 décembre 2002. Malgré l’échec, C.R. a persisté à vouloir transiger, elle a abandonné fin octobre.

Le 13 décembre, audience de jugement. Elle a duré 5 mn…L’avocat d’Air Lib, il était tout seul cette fois, a demandé le renvoi sous prétexte qu’il n’avait pas assez d’éléments pour plaider (je rêve… ils me licencient sans savoir pourquoi !). Accordé. « C’est le dernier renvoi » affirme le Président du Conseil, rendez-vous le 31 janvier 2003.

Le 31 janvier, l’avocat d’Air Lib est seul, aucun représentant de la compagnie. Ils ont juste envoyé un mot d’excuse au Président du Conseil en faisant remarquer qu’étant donné les circonstances (dépôt de bilan, liquidation, reprise par IMCA ?), ils avaient autre chose à faire. Par vraiment intelligent comme entrée en matière. L’avocat d’Air Lib renouvelle la demande de sursis à statuer (à cause de ma plainte dont ils n’auraient pas dû avoir connaissance). Celle-ci est rejetée par le Conseil après 2 suspensions pour délibération. L’avocat affirme qu’il a pris connaissance de ma plainte pour mise en danger d’autrui la veille en téléphonant au greffe du TGI de Créteil. Gros mensonge qui a eu don de m’énerver un peu. En fait, je sais que c’est mon avocat de Paris qui leur a transmis la plainte fin juillet sans mon accord. Résultat, elle a fait le tour des bureaux de la compagnie. Délibéré le 11 avril, si Air Lib est toujours vivant…

Le 11 avril, le Conseil m’informe que le délibéré est prorogé au 16 mai 2003. Pas d’autres précisions. L’implication des AGS suite à la liquidation d’Air Lib le 17 février est sans doute à l’origine de ce report. Effectivement, le 16 mai, le Conseil décide de rabattre le délibéré et ordonne la réouverture des débats. Rendez-vous le 19 septembre 2003…en présence des mandataires liquidateurs.

Ils sont venus mais n’ont rien dit de plus, ça a duré 15 mn et le Conseil a renvoyé au 21 novembre en délibéré.

Ce jour-là, j’avais l’impression d’effectuer mon dernier vol, celui que l’on fête parce qu’il a une dimension particulière. Tous vos amis sont là, ils vont faire en sorte que ce dernier vol reste dans votre mémoire comme celui qui a été parfait de la préparation jusqu’à l’atterrissage, le plus doux que vous n’ayez jamais fait. Il clôture tout une vie passée au milieu du ciel. A l’arrivée, autour du verre de l’amitié, chacun y va d’une anecdote, d’un souvenir, puis quelqu’un se lève et fait un petit discours qui résume votre carrière. L’émotion vous gagne…

Pour moi, ce ‘’dernier vol’’ fut très différent. J’étais seul, devant un Conseil des Prud’hommes attendant le verdict.

J’aurais pu continuer de voler car j’ai eu plusieurs sollicitations. J’aurais alors retrouvé les mêmes conditions de travail à la c.., j’en étais persuadé. J’ai préféré m’évader dans le planétarium de xxx où j’ai fait des animations pour les enfants bénévolement, j’ai écrit 2 bouquins, volé en parapente etc.

J’avais déposé une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui dans le but d’imposer le débat de Sécurité des vols que je n’ai jamais pu avoir au sein de ma compagnie. Je pensais que la justice m’y aiderait. Quel naïf…

15:21 Écrit par HMC | Commentaires (0)

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