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10/10/2018

AF 447 : une contre-expertise sous influence (2)

Dans le rapport provisoire, les experts judiciaires affirmaient

« la caractérisation en Unsafe Condition des incidents d’indications erronées de vitesse consécutifs au givrage des sondes n’a pas été reconnue ni par le constructeur ni par les autorités nationale et européenne alors qu’elle l’avait été en 2001 »

et que

« l’absence de classement par l’agence européenne de sécurité aérienne des incidents d’indications de vitesse erronées en situation compromettant la sécurité est une cause indirecte de l’accident qui a pu amener l’équipage à perdre le contrôle de la trajectoire sans pouvoir le récupérer ».

En effet, si l’EASA et Airbus avaient reconnu la caractérisation en Unsafe Condition (situation compromettant la sécurité) ils auraient éliminé la sonde Pitot Thales AA défectueuse par l’émission d’une consigne de navigabilité pour la remplacer par la sonde Goodrich et l’accident n’aurait pas eu lieu.

Quelques mois plus tard, dans leur rapport définitif, les experts judiciaires font un virage à 180° et affirment cette fois le contraire : « Avant l'accident, les statistiques d'occurrence des incidents d'indications erronées de vitesses consécutifs au givrage des sondes restaient inférieures à 10⁻⁵ par heure de vol, ce qui justifiait l'absence de caractérisation en "UNSAFE CONDITION" ».

C’est un argument Airbus !

Lors de l’interrogatoire d’Airbus par le juge d’instruction les 7 et 8 novembre 2011, à la question

« N'avez-vous pas envisagé plutôt de proposer le changement de toutes les sondes Thalès en sondes Goodrich? »

Airbus répond que ce changement n’a pas été envisagé car

« Dans le cas qui nous intéresse, s'agissant d'une classification majeure, nous considérons que le taux d'occurrence en service ne dépassait pas le taux de 10⁻⁵

Serment des experts judiciaires

« Je jure d’apporter mon concours à la Justice, d’accomplir ma mission, de faire mon rapport et de donner mon avis en mon honneur et en ma conscience »

« L’opinion émise par l’expert dans son rapport ne doit pas être polluée par un doute sur son objectivité et sur une influence favorisant tel ou tel des différents intérêts en présence, directement ou indirectement.

Indépendance, impartialité et neutralité sont donc les trois piliers qui délimitent le champ des obligations impératives de l’expert »

Jean -Claude Marin, procureur général près la Cour de cassation. 16 mars 2018.

https://www.courdecassation.fr/publications_26/prises_par...

15:25 Écrit par HMC | Commentaires (0)

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