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18/06/2019

AF 447 : dès le début des recherches, le BEA savait que l’A330 avait décroché

Dans le documentaire « AF 447 la traque du vol Rio-Paris » diffusé en juin, Arnaud BLANC, enquêteur du BEA, avoue qu’ils avaient « le sentiment que l’avion était arrivé à plat » à la surface de l’océan après avoir fait l’analyse des premiers débris recueillis en juin 2009. Un avion qui tombe à plat est un avion en décrochage.

Pourtant, le BEA a refusé l’option du décrochage dans les recherches de l’épave et privilégié le choix impossible de « la vitesse horizontale maximale de l’avion ». Un avion qui tombe à plat ne peut pas avoir une vitesse horizontale maximale.

Dans son rapport d’étape n°1 (25 juin 2009), le BEA affirmait dans les « faits établis » que l’A 330 « paraît avoir heurté la surface de l’eau en ligne de vol, avec une forte accélération verticale. » C’est l’attitude d’un avion en décrochage !

Donc, dès le début des recherches, le BEA savait que le vol AF 447 avait décroché et que l’épave se trouvait à proximité de la dernière position connue (LKP). Avec les messages ACARS il était très facile d’estimer avec précision l’heure du décrochage :

  • Premier message ACARS émis à 02h 10mn 10
  • La dernière position de l’avion est reçue à 02 h 10 min 34 (LKP)
  • A 02h 14min, l’A330 est à environ 5000 feet (ADVISORY CABIN VERTICAL SPEED*)
  • Temps de chute estimé à 10 000ft/mn : 3mn
  • Décrochage de l’avion estimé à 02h 11mn soit 26 sec après le passage au LKP

Le bateau « Pourquoi pas ? » d’IFREMER était sur la zone dès le 11 juin 2009 avec les moyens pour détecter l’épave et récupérer les enregistreurs (le Nautile et le Victor 6000), mais n’a officiellement participé aux recherches que lors de la phase 2 fin juillet 2009.

couvertureAUV.JPGPendant que les AUV et le sonar Orion cherchaient ailleurs (voir ci-contre), IFREMER a pu trouver l’épave et récupérer les enregistreurs. On peut tout imaginer…

Le Nautile est capable d’intervenir jusqu’à 6000 mètres. Il permet une vision latérale humaine et est équipé d’un sonar de proximité capable de détecter des signaux jusqu’à 200 mètres sur les côtés. Son autonomie sur le fond est de 5 heures. Il faut environ 2 heures pour descendre à son maximum et 2 heures pour remonter. Le ROV Victor 6000 peut plonger pendant 3 jours sans interruption.

Si le BEA nous a effectivement roulé dans la farine pour les recherches de l’épave, son travail d’enquête sur les causes de l’accident est alors totalement discrédité.

Arnaud BLANC, ingénieur ESTACA, est enquêteur de sécurité senior au BEA depuis 2007. Il avait auparavant travaillé chez Airbus pendant 15 ans.

IFREMER est un établissement public placé sous la tutelle du pouvoir politique dont le budget annuel est 200 millions d’euros. IFREMER emploie 1500 personnes, utilise 11 navires, 1 submersible habité, 2 engins télé-opérés et 2 AUVs. IFREMER possède 5 centres et 20 implantations côtières.

10:28 Écrit par HMC | Commentaires (0)

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